KEPHIR Environnement : Bureau d'études spécialisé sur les problématiques thermiques et environnementales Bilan carbone, ecobilan, habitat bioclimatique et passif, énergies renouvelables ...

 

Par Alain Maugard – Président de QUALIBAT

Nous allons aborder toute une série de chroniques et cette rentrée en changeant de dimension. Nous allons passer à l’échelle du BEPOS collectif dans l’ilot, à l’échelle de l’éco-quartier et de la ville durable. Terminons ici l’analyse du BEPOS en tant que bâtiment et marquons les prochaines échéances à très court terme.

De la RT 2012 aux labels BEPOS 2013, 2014 et 2018

Du côté des pouvoirs publics, l’ambition est de lancer des labels qui vont au-delà de la RT 2012 avec l’apparition de labels en l’occurrence les labels HPE et THPE. Le curseur a été mis à 10% de mieux en énergie primaire pour le HPE, et à 20% de mieux pour le THPE ainsi que le renforcement de quelques exigences de moyens par rapport à la RT 2012. Ces labels représentent ainsi une étape de plus vers les bâtiments à énergie positive .../...

Lire la suite de l'article de Mr Maugard, Président de Qualibat, à la page http://conseils.xpair.com/lettres_expert/2/bepos-incidences-court-terme.htm

Commentaire

Votre analyse reflète parfaitement la situation réglementaire française avec ses couches qui s’empilent en désordre, sa complexité et ses incohérences. Toutefois pour aller au bout de cette description, il faudrait ajouter les dispositifs édictés par certaines instances régionales qui fabriquent des cahiers des charges en piochant dans ceux qui existent déjà et en y rajoutant une petite touche personnelle. D’autre part, bien qu’adhérant complètement à l’intégration d’une dimension environnementale pour tenir compte des engagements pris dans le cadre du plan climat, je reste sceptique quant au futur BEPOS 2014 quand on sait que l'exigence principale du label BEPOS-Effinergie 2013 porte uniquement sur les consommations et la production d’énergie renouvelable et ne tient aucunement compte des matériaux de construction tant sur le plan de l’énergie grise que des émissions de CO2. La voie de la complexité adoptée par la France dans sa réglementation, avec toutes ses modulations aussi diverses que variées, déroute plus d’un bureau d’étude comme le mien. Pourquoi ne pas avoir suivi le modèle passif allemand qui a le mérite d’avoir fait ses preuves et qui tient beaucoup plus compte de la réalité des consommations d’un bâtiment en intégrant par exemple des apports internes liés à l’occupation, au niveau d’équipement et à l’éclairage réel ? Quel est le véritable intérêt de mettre une exigence sur l’étanchéité à l’air de 0.6 m³/h/m² sous 4 Pascal alors que la norme PHPP est également de 0.6 mais en vol/h sous 50 Pascal soit un niveau d’exigence environ 4 fois supérieur à la norme française ?

Le BEPOS est selon moi une approche plus technologique qu’environnementale. Passer un logement passif en énergie positive ne pose aucun problème en raison des besoins de chaleurs limités à 15 kWh/m².an qui peuvent être couvert par une dizaine de panneaux PV en Alsace pour une maison de 100 m². Il est également regrettable que contrairement à l’Allemagne, le raccordement de batteries pour augmenter l’autonomie du logement ne soit pas autorisé en France.

En guise de conclusion, je ne pense pas qu’une véritable prise en compte de l’environnement dans le bâtiment en France ne voit le jour avant longtemps car la bataille pour de nouveaux outils intégrant des bases matériaux sérieuses comportant des éco-indicateurs va attiser nombre de convoitises. J’en veux pour preuve mon expérience personnelle en la matière avec le logiciel que j’ai développé pour tenir compte de l’ensemble des impacts environnementaux d’un bâtiment et que j’essaye en vain de présenter aux différentes institutions régionales et locales alsacienne s’occupant d’architecture et d’urbanisme !

Dominique LOIR-MONGAZON – Kephir-environnement